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Cet article a été réalisé grâce à l’aimable collaboration et aux recherches de Monsieur RICHARD fils du Quartier-Maître électricien René RICHARD disparu à bord du sous-marin Sibylle.

  Disparition du Sous-Marin Sibylle ex-Hms Sportsman le 24 septembre 1952

lundi 14 janvier 2013, par Christian LECALARD

En 1951, la Royal Navy consenti le prêt pour une durée de quatre ans, de quatre sous-marins à la Marine Nationale Française.

Construits en 1942-1943, ces quatre sous-marins de la série "S" étaient déjà anciens, et ne devaient servir qu’à l’entrainement des équipages de sous-marins et des groupes d’actions sous-marines (GASM). Ils prennent les noms de :

Sultane ex Statesman,

Saphir ex Satyr,

Sirène ex Spiteful,

Sibylle ex Sportsman.

Deux possèdent un schnorchel rabattable sur l’arrière du massif :

Sirène et Sibylle.

Schnorchel rabattable sur la plage arrière, possédant un clapet de tête à boule.

Les deux autres : Sultane et Saphir n’ont pas de schnorchel et possèdent massif caréné dit rapide.

Caractéristiques :

820 tonnes en surface, 2 diesels "Amirauté" de 950 cv chacun, 2 moteurs électriques "Metrovick 3 de 650 cv chacun, vitesse en surface 12 noeuds - plongée 9 noeurds (12 noeuds pour les rapides), 7 tubes lance torpilles dont 1 à l’arrière, 6 torpilles en réserve.

La remise en condition de navigation du Sportsman commence dans le 1er trimestre 1951. Les principales modifications portent sur l’adjonction d’un schnorchel et d’un radar de navigation.

Le LV CUROT, désigné comme Commandant, rallie BARROW en mai 1951. A la même époque, c’est l’IM BILLAUX qui suit également les travaux puis en octobre 1951, l’O2, le LV GOERE ainsi que les principaux officiers mariniers.

Un premier complément d’officiers mariniers et quartiers-maîtres rallient en mai 1952.

Le 25 juin 1952, le Sportsman quitte les chantiers BARROW armé par un équipage anglais et rallie GOSPORT.

Le 28 juin l’équipage français arrive à PORTSMOUTH. La passation sous pavillon français a lieu le 8 juillet 1952 à GOSPORT. Le Sportsman devient Sibylle n° S 617. Le 15 juillet, la Sibylle quitte l’Angleterre vers LORIENT. La traversée est ponctuée d’exercices avec escorteurs et avions ASM.

Du 18 au 22 juillet, la Sibylle fait des essais des tubes lance-torpilles.

Le 22 juillet, la Sibylle quitte LORIENT vers CASABLANCA.

Du 30 juillet au 6 août, elle transite de CASABLANCA à ALGER et effectue des exercices.

Le 8 août elle arrive à TOULON. Du 8 août au 4 septembre, l’équipage est en permission par bordée pendant cet arrêt. La Sibylle subie une révision complète avec passage au bassin. Le 4 septembre la Sibylle appareille et procède à des essais de plongée maximum (300 pieds - 90 m) qui s’effectuent sans incident.

Entraînement individuel jusqu’au 9 septembre, puis exercices avec escorteurs jusqu’au 19 septembre. Le 23 au soir la Sibylle rentre à TOULON pour appareiller le 24 dans la nuit pour un rendez-vous avec Le Touareg dans un secteur sud Camarat.

La Sibylle exécute avec le Touareg, ex-destroyer américain, un exercice d’attaque par escorteur d’un sous-marin naviguant à une immersion de sécurité minima de 30 mètres, avec changement de route de 30° toutes les 10 minutes.

Ayant plongé à 7 h 43, la Sibylle est attaquée une première fois à 7 h 52.

Au cours d’une 2ème attaque, le contact ASDIC est perdu par l’escorteur à 08 h 02 et à 270 m de distance, un peu avant que l’escorteur ne soit à sa verticale. Le contact n’est pas repris.

A 08 h 15, la bouée de sécurité du sous-marin est repéré. L’accident s’est produit entre 08 h 02 et 08 h 15.

Hypothèse envisagée : Vu la proximité de l’escorteur en inclinaison faible, le sous-marin qui peut être reprenait la vue pour un ennui quelconque, a été géné par la proximité de l’escorteur et obligé de plonger en catastrophe avec une forte pointe négative, qui l’aurait conduit au-delà de son immersion maximum.

L’escorteur poursuit ses recherches puis, n’ayant aucun contact radio à 09 h 30 heure de fin d’exercice, le Touareg donne l’alerte. Les recherches sont entreprises avec les moyens disponibles.

Une tâche de gaz-oil à 6 milles dans l’est du Cap Camarat et différents objets sont aperçus. La bouée de sécurité a été retrouvée mais le câble qui la reliait au sous-marin a été rompu.

Le centre de la tâche d’hydrocarbure qui s’est étendue peu à peu sur une grande surface correspond à la position qu’occupait le sous-marin au moment du dernier contact à cet endroit, le fond est de 700 mètres.

Le sous-marin la Sibylle était commandé par le LV CUROT avec qui disparaissent quatre officiers, 9 officiers mariniers et 34 quartiers-maîtres et marins.

Equipage disparu :

- CUROT Gustave, Commandant, Lieutenant de Vaisseau
- BENEDET Edmond, Second-Maître
- BERTRAND Eugène, Second-Maître
- BEUDET Jean, Enseigne de vaisseau de 1ère classe
- BICHOT André, Quartier-Maître
- BILLIAUX Jean, Ingénieur Mécanicien de 1ère classe
- BORDIER Jean, Quartier-Maître
- BRAT Claude, Quartier-Maître
- BRISACH Guy, Quartier-Maître
- BULTEAU Jean, Matelot
- CADET Christian, Quartier-Maître
- CALAIS Jean, Quartier-Maître
- CHUBILEAU Jean, Second-Maître
- DANZE Claude, QuartierMaître
- DEFOSSE Jacques, QuartierMaître
- DERRIEU Jacques, Matelot
- DESRUES Jean, Matelot
- FOURDRILLIS Arsène, Quartier-Maître
- GAILLARD Gérard, Quartier-Maître
- GIRARD Roger, Matelot
- GOERE Xavier, Lieutenant de Vaisseau, Officier en second
- HIVERT Claude, Quartier-Maître
- LAPORTE Eugène, Quartier-Maître
- LE BORGNE François, Maître
- LE DUC Lucien, Maître
- LE GAL Janik, Quartier-Maître
- LE GALL Hubert, Matelot
- LE MINOUX Louis, Maître
- LE SONN André, Quartier-Maître
- LEBORGNE Pierre, Matelot
- LEGAILLARD Raymond, Quartier-Maître
- LICHERON Claude, Matelot
- MARECHALLE Michel, Quartier-Maître
- MERDRIGNAC Georges, Maître
- MILON Gilbert, Quartier-Maître
- PERRIN Claude, Matelot
- PHELEP Georges, QM
- PICQ Paul, Eseigne de vaisseau de 1ère classe
- PONDAVEN Jean, Second-Maître
- QUINIOU Jean, Quartier-Maître
- RADOMSKI Guéno, Qartier-Maître
- RENAUD Gilles, Qartier-Maître
- RICHARD René, Quartier-Maître
- RIVETTA André, Matelot
- ROYE Jean, Qartier-Maître
- SCHMITT Gérard, Second-Maître
- SENIUK Jean, Matelot
- VERROLLE Pierre, Second-Maître

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  • Messages publiés : 4 (triés par date)
  •   1 - Disparition du Sous-Marin Sibylle ex-Hms Sportsman le 24 septembre 1952

    29 décembre 2013 15:25, par Joëlle EVENAS

    Merci pour ce vibrant hommage aux disparus de la Sibylle. Je suis la fille de Michel EVENAS,qui avait été débarqué pour une permission la veille de cet accident...d’ailleurs,c’est avec beaucoup d’émotion qu’il me semble le reconnaitre,tout à gauche,sur la photo prise à Londres le 5 juillet 1952. Il en parlait rarement, lorsque j’étais enfant,ado,le sujet était très douloureux,tabou... Je me souviens cependant de sa détresse d’avoir perdu tous ses copains... il en avait gardé une blessure très profonde.

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  •   2 - Disparition du Sous-Marin Sibylle ex-Hms Sportsman le 24 septembre 1952

    23 décembre 2013 16:27, par pierre marechalle

    je suis un frere de michel marechalle qui ete a bord du sibylle

    Voir en ligne : sibylle

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  • C’est par hazard que je suis tombé sur cet article. Je peux apporter quelques précisions. Ce jour là, j’étais de quart phonie à la passerelle du destroyer "Marceau" D601, en exercice avec le "Touareg" dans un secteur bien défini. Les consignes étaient : Lorsque le sous marin attaque il le fait savoir en lachant un fumigène, lorsque le batiment de surface grenade il lance à la mer une grenade au plâtre, puis pendant 10 à 15 minutes c’est la pause. Lorsque les contats sont perdus, 2 grenades auquelles doit répondre le sous-marin par un fumigène. N’obtenant pas réponse, le batiment de surface envoie 3 grenades qui est l’ordre impératif de faire surface. C’est l’absence de tous signaux qui a déclanché l’alerte, sans que l’on sache exactement quelle route, à quelle profondeur est allé se refugier le sous-marin.

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  • merci de tous ces renseignements ,mon oncle etait le matelot andré rivetta cuisinier 22 ans..

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