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Cinquantième anniversaire de la disparition du sous-Marin MINERVE le samedi 27 janvier 2018

samedi 27 janvier 2018 , par Christian LECALARD

Le président de l’AGASM, le Contre Amiral Dominique Salles a été l’organisateur de la cérémonie du cinquantenaire à Toulon pour honorer la mémoire des marins qui ont disparu avec le sous-marin Minerve le 27 janvier 1968.

Discours du Président de l’AGASM, le Contre-Amiral Salles

Nous voici réunis, en jour anniversaire, pour honorer les marins disparus à bord de la Minerve. En ces mêmes instants, avec ces mêmes mots, en Bretagne, en Normandie tout comme en Hauts-de- France d’autres cérémonies honorent des marins de ce même équipage.

Le 26 janvier 1968, le sous-marin Minerve conclut avec succès neuf jours d’entraînement et de mise en condition. Le lendemain, à 07 h 30 et dans le sud de Toulon, il est à l’immersion périscopique, au schnorchel ; il participe à un exercice au profit d’un avion de patrouille maritime.

A 07 h 55, l’aéronef fait connaître au sous-marin qu’il annule l’activité en cours à partir de 08 h 00. Celui-ci accuse réception ; il a ainsi liberté de manœuvre. Ce sera le dernier contact.

Le sous-marin est attendu à Toulon, en soirée, à 21 h 00. A 20 h 00 puis à 23 h 00, l’officier de garde de l’escadrille demande aux sémaphores locaux s’ils ont eu un contact avec le sous-marin. Réponses sont négatives.

A 02 h 15 l’escadrille déclenche l’alerte par message officialisant l’absence de contact avec le sous-marin. Les recherches sont immédiatement entreprises par d’importants moyens aériens et de surface. Infructueuses durant une semaine, elles sont abandonnées dans la journée du 2 février.

Le 8 février, une cérémonie religieuse et militaire se déroule à Toulon, en présence du général de Gaulle.

La commission d’enquête se verra confirmer la détection d’une implosion et obtiendra une idée plus précise de sa position ; les recherches par bathyscaphe seront, elles aussi, vaines.

Les conclusions de la commission sont émises au mois d’août. Celle-ci a analysé toutes les hypothèses pouvant conduire à l’accident : abordage, voie d’eau ou avarie de barre, … sans pouvoir conclure avec certitude.

L’hypothèse retenue sera : « bâtiment perdant l’immersion périscopique, pesé lourd et ayant embarqué beaucoup d’eau de mer par son tube d’air ».

Cette commémoration vous est réservée à vous, familles de nos amis, de nos anciens. Quelques-uns, parmi nous, ont souvenir précis des jours qui suivirent cette disparition, de la présence silencieuse d’une foule qui vous soutenait en un jour d’affliction.

Auprès de cette rade, cinquante années plus tard, c’est avec un même élan que des marins, amis de l’équipage, sous-mariniers d’hier et d’active aussi, viennent à vos côtés

pour apporter la chaleur d’une affection profonde,
pour témoigner que l’oubli n’aura jamais quelque place en leurs cœurs,
pour assurer que vous n’êtes point seuls à conserver mémoire et, surtout,
pour vous dire leur tendresse que pudeur leur fait taire.

Telle disparition, inattendue, injuste a plongé dans l’effroi des familles éprouvées, privé des enfants de père, privé des parents de fils mais elle a, trop tard assurément, permis à notre force et à ses sous-marins de forger, d’acquérir, de maintenir aussi une sécurité plus grande.

Oui, anciens de la « Minerve », tout comme ceux de l’ « Eurydice », votre sacrifice n’aura point été vain ! Ainsi, les propositions faites à l’issue des enquêtes viseront à parer de telles catastrophes. Elles seront à l’origine d’une vision plus stricte de la sécurité, elles seront fondements de notre culture de sous-marinier que ce soit en matière

de conception, d’entretien ou de réglementation,
de formation et d’encadrement de notre personnel,
d’entraînement de nos équipages et de conduite de nos sous-marins.

Comme disent nos amis anglo-saxons, vos parents, nos amis sont désormais et pour toujours … en patrouille éternelle.

Ici au large de Toulon, point de croix sur leur tombe mais, sur les vagues courtes ourlées de frêle écume, vous verrez coiffes blanches, en rangs bien ordonnés, qui y montent la garde, qui veillent encore pour nous.

A dieu époux et pères, à dieu frères et fils, à dieu chers camarades, vénérables anciens, frères d’arme à jamais !

Il y a cinquante ans, sur cette même rade, le général de Gaulle vous rendait, en ces termes, des honneurs mérités :

"Des marins sont morts en mer. Ils étaient des volontaires. C’est à dire qu’ils avaient d’avance accepté le sacrifice et qu’ils avaient conclu un pacte avec le danger. C’est pour cela, en particulier, que le sous-marin "Minerve" a laissé au cœur de la France toute entière un souvenir profond et à ses armées un exemple qui durera.

Au nom de la Patrie, je salue leur mémoire et je suis sûr que de ce qu’ils ont voulu faire et de ce qu’ils ont fait sortira pour notre France quelque chose de fort comme ils l’avaient voulu. Vive la France."

Le 27 janvier 2018

La Marine active n’oublie pas les 52 marins de la Minerve disparus en mer le 27 janvier 1968

Deux cérémonies organisées par l’Association générale des anciens sous-mariniers (AGASM), se sont déroulées en hommage aux marins de la Minerve, disparus en mer, au large de Toulon, le 27 janvier 1968. Elles ont eu lieu à Brest au monument des marins disparus en mer de Plougonvelin, et à Toulon au monument des sous-mariniers en présence des familles et des proches de l’équipage de la Minerve. Le Vice-amiral d’escadre Charles-Henri du Ché, préfet maritime de la Méditerranée et commandant en chef pour la Méditerranée, accompagné par le capitaine de vaisseau Cyril de Jaurias commandant l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque, a lu l’ordre du jour du chef d’Etat-major de la marine, l’amiral Christophe PRAZUCK :

"Il y a cinquante ans, le 27 janvier 1968, le sous-marin Minerve disparaissait au large de Toulon, avec cinquante deux marins à son bord. Avec d’autres terribles accidents, comme celui de l’Eurydice deux ans plus tard et celui de l’Emeraude en 1994, ce drame nous rappelle le lourd tribut payé par les sous-mariniers français au cours de la seconde moitié du XXème siècle.

L’anniversaire de cette tragédie est d’abord l’occasion de nous recueillir, d’honorer la mémoire des disparus et d’exprimer à leurs familles la compassion des marins, parmi lesquels servent encore des orphelins de ces sous-mariniers disparus.

C’est aussi l’occasion de nous souvenir de l’épopée de ces onze sous-marins classiques de classe Daphné dits "à haute performance", qui confortent le renouveau de l’arme sous-marine française après-guerre.

Il fallait être courageux pour reprendre la mer à bord d’un "800 tonnes" après ce naufrage, toujours inexpliqué à ce jour. Des marins l’ont fait, ils ont accompagné la première patrouille du Redoutable. Ils ont été de toutes les opérations de la Guerre Froide. Ils ont assuré la transition vers l’arme sous-marine entièrement nucléaire que nous connaissons aujourd’hui.

Notre marine sait ce qu’elle doit à ces sous-mariniers, vivants et morts, qui ont permis par leur courage, leurs enthousiasme mais aussi leurs sacrifices, le développement de forces sous-marines modernes, d’une qualité hors pair, garantes de notre dissuation océanique depuis 46 ans. Elles contribuent aujourd’hui à la défense de notre pays et de nos concitoyens sur un très large spectre d’opérations.

Je n’oublie pas nos camarades sous-mariniers disparus il y a 50 ans. Les marins de 2018 ne les oublient pas. Nous leur devons ce que nous sommes devenus".


Reportage photos : Francis JACQUOT

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